C'est quoi le pitch? Camille, lycéenne en terminale, prépare son bac avec tous ses camarades de classe et amis. Ils sont loin d'imaginer ce que cette année leur réserve, le meilleur comme le pire.

Mon avis : D'emblée, je préfère le dire, ce n'est pas le meilleur de Legardinier. Peut-être parce que le lycée, c'est loin pour moi, maintenant, et que, contrairement à ce qu'on dit, je n'ai pas considéré que c'était mes plus belles années (suis-je passée à côté de quelque chose?). J'ai trouvé le récit décousu pendant un bon moment, les chapitres se succédaient, tels des petites anecdotes du quotidien, sans être vraiment rattachées les unes aux autres, si ce n'est par Camille, l’œil du récit. Mais j'ai compris ce qu'il a cherché à faire : raconter la vie, tout simplement, avec ses moments de joie et de tristesse, l'amitié, l'amour, la mort, la construction de soi. Ces jeunes sont à un moment charnière de leur vie, un moment où ils doivent choisir leur voie, un moment où ils pensent être maîtres de leur destin. On se dit que tout est possible, mais la réalité nous rattrape au triple galop : il y a tellement d'aléas qui nous font choisir une voie plutôt qu'une autre. Camille se retrouve confrontée à la maladie rare qui frappe sa meilleure amie, et la condamne. Que faire quand on sent la mort arriver? Et que se passe-t-il, une fois que cette personne n'est plus? Continue-t-on à vivre comme avant, ou bien remettons-nous tout en perspective?

Pour ma part, et c'est vraiment une parenthèse que vous pouvez vous éviter de lire, j'étais d'un caractère assez solitaire. Durant ma dernière année de lycée, quelques mois avant le bac, j'ai appris que mon père avait un cancer. Aujourd'hui, il est guéri, et je suis contente qu'il ait vaincu cette maladie dont beaucoup ne réchappent malheureusement pas. Mais, à l'époque, ça m'a profondément perturbée. J'ai continué à vivre, bien sûr, j'ai bossé à fond pour décrocher mon bac, j'ai eu mon code, j'ai eu 18 ans... mais toutes ces choses, je les ai fêtées seule, mon père étant hospitalisé. Peu à peu, je me suis repliée sur moi-même, je voyais moins mes amis et ma famille... Aujourd'hui encore, je me reconstruis socialement parlant. J'essaie d'être à l'écoute des gens, de leur accorder du temps, d'être disponible. Parce que je réalise que dans ce monde si individualisé, c'est au contact d'autrui qu'on se sent vivre et exister. Et pendant cette période de ma vie, j'ai tout mis entre parenthèses, je me suis interdite beaucoup de choses.

Camille est dévouée aux autres, c'est ce qui me fait aimer ce roman malgré tout. Car elle est prête à dépanner ses amis, à trouver des idées farfelues pour s'extirper de mauvais pas, qu'elle est soucieuse de son prochain. Moi, j'ai encore des progrès à faire, mais j'aime écouter les autres, ils m'apprennent énormément sur la vie.

Et les romans de Gilles Legardinier reflètent exactement ce concept : ce sont des romans d'apprentissage sur la vie, ses joies et ses peines. Les messages qu'il y délivre, en fonction de ce que vivent ses personnages, sont clairs et porteurs d'espoir.

  • Et soudain tout change, Gilles Legardinier, Fleuve Noir éditions
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