The revenant

Le pitch :1823, Amérique du Nord. Hugh Glass, trappeur, est gravement blessé suite à l'attaque d'un grizzli. Abandonné par ses équipiers, il est laissé pour mort. Sa rage de vivre et sa soif de vengeance - Fitzgerald, un de ses co-équipiers, a tué son fils sous ses yeux, il parcourt des kilomètres pour le retrouver, alors que de multiples obstacles se mettront sous sa route.

Mon avis : Alors là, je tire mon chapeau !

Certes, le résumé n'est pas forcément très alléchant : un trappeur, dans une Amérique sauvage et hostile, dans le froid... Mais ne vous arrêtez pas à ça !

Un casting 4 étoiles

LA première raison pour laquelle il faut y aller sans tarder, c'est le casting, plus précisément Leonardo Di Caprio et Tom Hardy. Leonardo, parce que c'est un monument, c'est l'Acteur qui, à mes yeux peut et sait choisir ses rôles, est toujours bluffant, bref, il est au top et n'est pas près de retomber. Il nous livre le meilleur de lui-même, comme toujours, et sa prestation est d'autant plus impressionnante que son personnage passe de tels moments à vif qu'on se demande ce qui le maintient en vie. Ne doutez pas d'un Leonardo trappeur, il peut tout jouer, il nous l'a déjà longuement prouvé (Le loup de Wall Street, que j'ai vu récemment, est également très bon). Je savais qu'en me rendant au cinéma, je ne serais pas déçue. Et puis, comme on parle de Glass comme du "rôle à Oscar" (verdict ce week-end), ça ne pouvait qu'être bluffant.

Révélation : Tom Hardy. Qui n'en est pas tout à fait une puisque ses talents d'acteur, je les ai déjà reconnus (d'ailleurs, au passage, si je devais vous conseiller un autre film à voir, Des hommes sans loi). Très investi dans ses rôles (il joue très souvent sur la transformation physique, on ne le reconnait pas forcément du premier coup d’œil), plutôt beau gosse, il a un côté bad boy qui peut donc l'amener à jouer aussi bien les gentils que les méchants. Et cette fois, on a droit au salaud de grande envergure. Épatant. Mais je ne comprends pas pourquoi sa prestation n'a pas été aussi soulignée dans les cérémonies de remises de prix? Bon, il est nominé aux Oscars, mais dans la catégorie "Meilleur Acteur dans un second rôle". Pour moi, les deux acteurs se partagent équitablement l'affiche, l'un ne va pas sans l'autre. Quelque part, Fitzgerald, joué par Tom Hardy, est la quête ultime de Glass (Leonardo), qui dit d'ailleurs, à un moment donné, "je suis déjà mort" (d'où le titre, The Revenant, tellement il est à peine croyable qu'il ait survécu).

Ajoutons Dohmnall Gleeson dans le rôle d'un capitaine dépassé par les fortes personnalités de ses hommes (à savoir, Glass & Fitzgerald, qu'il peine à cadrer), et Will Poulter, vu dans "Le labyrinthe", et qui était déjà très bon, en homme repenti et qui se reproche d'avoir abandonné Glass, pour suivre le fou furieux Fiztgerald.

Une histoire vraie filmée de façon très réaliste

Vous allez vous laisser couler dans votre fauteuil et profiter des paysages somptueux et enneigés durant 2 h38 (oui, c'est long, mais on ne regrette pas à la fin). Le film a été tourné en lumière naturelle. Bon, j'ai quand même grelotté un peu, je suis très frileuse et les voir se battre dans la neige, tomber dans la rivière gelée et j'en passe !

Âmes sensibles, s'abstenir, certaines scènes sont très violentes. Heureusement, tout s'arrête avant que cela ne devienne trop gore et sombre dans le film d'horreur. L'attaque de l'ours est effrayante, on a mal pour Leonardo, et on souffre avec lui tout le reste du film. Il a été lacéré sur tout le corps par les griffes de l'ours, et surtout au niveau de la gorge. Il y a beaucoup d'animaux morts, alors ceux qui soutiennent la cause animale vont encore plus morfler en voyant Leonardo découper et vider un cheval pour aller s'y protéger du froid (!). Les scènes de bagarre sont juste dégueulasses, le sang gicle partout, c'est brutal mais très réaliste.

Si vous aimez l'Histoire, comme moi, vous ne pourrez que vous intéresser à ce film où l'on voit les conflits qui existent avec les Indiens. Glass avait épousé une Indienne, morte avant cet évènement, et il ne lui restait plus que son fils, Hawk, métis, et donc l'un des principaux sujets conflictuels avec Fizgerald.

Enfin, sous toute cette bouleversante quête, il y a de nombreuses réflexions et de questions posées, notamment sur la religion, sur l'existence de Dieu ou d'un dieu. Fitzgerald raconte une anecdote à un moment donné et dit que Dieu est un écureuil. Dieu est omniscient, il est partout, nous le savons tous. Après, le tout, c'est de voir, détecter, et enfin capter le message qu'il nous envoie. Pour le coup, là, il me semble qu'il racontait l'histoire de son père qui a donc trouvé cet écureuil et qui l'a mangé : il est arrivé au moment providentiel où il n'avait plus rien. Le questionnement est d'autant plus fort quand Glass se retrouve face à Fitzgerald : qui est Glass pour décider du sort à donner à Fitzgerald? A-t-il le pouvoir de vie ou de mort sur son "prochain"? Ou bien cela revient-il à Dieu?

Quoi vous dire d'autre?

Je n'ai pas été assez convaincante? Ou bien en ai-je trop dit? Non, croyez-moi, il y a beaucoup à dire sur un tel film. On en ressort en se disant que ce qu'on vit au quotidien, à côté de ce que ce Hugh Glass a vécu, c'est du pipi de chat. Alors arrêtez de vous morfondre sur votre triste sort, et rendez-vous dans le cinéma le plus proche !

Ou bien attendez qu'on remette à Leonardo l'Oscar du Meilleur Acteur pour que cela vous y conduise sans plus tarder !

  • The revenant, d'Alejandro Gonzalez Iñarritu. Avec Leonardo Di Caprio, Tom Hardy, Domhnall Gleeson, Will Poulter...
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