Bibliothèque troisième lieu

De quoi ça parle ? D'un concept qui fait des émules depuis quelques années dans le monde des bibliothèques. Pourquoi ne pas considérer la bibliothèque, service public, comme le troisième lieu de rencontres où il fait bon vivre, après la maison (1er lieu) et le travail (2ème lieu)?

Mon avis : J'adore parler de mon métier et de ses évolutions, et donc m'informer sur tout ce qu'il est possible de faire au sein d'une bibliothèque. On a d'abord parlé de bibliothèque hybride, lorsque la dématérialisation a émergé, avec les livres numériques notamment. Une bibliothèque à visages multiples, davantage une médiathèque de nos jours, où supports papier et numérique cohabiteraient dans un même espace et fonderaient une collection complémentaire. La bibliothèque troisième lieu va plus loin : il ne s'agit plus seulement de proposer des livres, non. L'usager est au cœur de la politique documentaire, et, de façon plus large, au cœur du fonctionnement même de la structure. C'est à partir de lui qu'on déterminera les différents documents et supports à acheter, mais aussi quel type d'animations et de services nous pouvons lui proposer. Le principe de l'offre et la demande quelque peu revisité, avec une prédominance pour la demande, à laquelle on s'efforcera de répondre le plus justement possible. L'objectif principal d'une bibliothèque dite troisième lieu, c'est de doper sa fréquentation. En cela, le concept londonien des Idea Store illustre mon propos ; si vous ne connaissez pas, en quelques mots, voilà le principe : de multiples services en un même lieu, une extension des horaires d'ouverture, des collections attractives, un mobilier adapté... Donner envie de venir aux gens en utilisant une stratégie purement marketing. Et ça a marché.

La bibliothèque troisième lieu, c'est le public qui la fait vivre : on doit pouvoir trouver sa place et et trouver ce que l'on cherche (ou pas, je ne rentrerais pas dans une explication sur la sérendipité). C'est un espace qui doit être convivial, le cadre doit être accueillant, avec, pourquoi pas, une zone cafèt', des fauteuils molletonnés et des coins bulle où se blottir. Elle doit permettre l'interaction sociale.

Dans la structure où je travaille, nous tendons vers ce concept, nous avons le souhait de décloisonner les différents espaces, de créer une ambiance où l'usager peut se détendre, discuter, rire, à mille lieux de l'image austère de la bibliothèque que beaucoup (trop) de monde a encore à l'esprit. Diversifier ses activités, c'est aussi montrer que la bibliothèque ou médiathèque est un lieu où l'on peut tout faire, pas seulement lire : coudre, jouer aux jeux vidéo, faire des arts plastiques, jouer aux jeux de société, écouter de la musique, regarder un DVD...

Parfois, j'ai l'impression de m'éloigner du livre, c'est vrai. Il y a des journées entières que je consacre à l'animation (de plus en plus, même, entre les réunions avec nos partenariats, la préparation de ces animations via nos différents moyens de communication, et l'animation en elle-même si j'en suis la responsable et l'instigatrice). N'étant pas formée à l'animation, j'ai tout à apprendre. En revanche, tout ce qui relève de la bibliothéconomie doit être automatique (le catalogage est simplifiée par la base Electre pour les livres, Gam pour les CD, MJS ou l'ADAV pour les DVD) et le cadre déjà bien défini. Seul le temps me manque pour tout mener à bien.

Le côté social de notre métier, je trouve, a pris plus d'ampleur depuis quelques temps. Les usagers ressentent le besoin de se confier, de trouver une oreille attentive pour s'épancher sur leurs problèmes. Et puis, je dois avouer que je suis une véritable éponge : j'absorbe tout ce qu'on me dit, j'aime être à l'écoute des autres. Je suis aussi une grande empathique, et je m'attache facilement aux autres, quand les barrières tombent les unes après les autres. Rester professionnelle demande de savoir garder ses distances. Ce n'est pas toujours évident, mais quand on prend tout ce que je viens de citer plus haut, nous avons la recette idéale pour faire de la bibliothèque un troisième lieu. Pas besoin de gros budget (ex : Saint-Aubin-du-Pavail en Ille-et-Vilaine). Il faut juste adapter la bibliothèque à son public, à ses attentes.

Ce livre peut être utile et donner des pistes intéressantes, pour tous les professionnels qui souhaitent mettre en place ce concept dans leurs structures.

  • Bibliothèque troisième lieu, collection Médiathèmes, éditions ABF
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