The affair

C'est quoi le pitch? Noah Solloway, père de 4 enfants, est marié à Helen depuis près de 20 ans. Il enseigne la littérature, faute de pouvoir vivre en tant qu'auteur reconnu, comme son beau-père, à qui ils rendent visite à Montauk, près de New York, pour l'été. C'est dans un diner qu'il rencontre Alison Lockart, serveuse, également mariée de son côté, encore en deuil de son petit garçon Gabriel. L'attirance est réciproque ; impossible de résister à l'autre. Une relation qui va s'avérer dangereusement mortelle...

Mon avis : Mon GROS coup de cœur "séries" de ces derniers mois. Mon résumé est loin de contenir l'intégralité de cette série, qui, pour l'heure, connaît deux saisons (avec une troisième et probablement dernière saison en préparation).

Qu'est-ce qui dégage cette série des autres? En quelques points,

- la construction du récit : très soignée, bien rythmée. Lors de la saison 1, chaque épisode est coupée en deux parties.Tantôt, nous voyons l'histoire se dérouler sous le point de vue d'Alison, tantôt d'après les yeux de Noah. Parfois, il s'agit de la même scène, mais racontée différemment, car chacun en a conservé un souvenir divergent. La saison 2 est plus déstructurée : les scénaristes ont intégré les points de vue d'Helen et Cole, les époux bafoués. Un épisode entier enchaîne les vies de nos quatre personnages. Et les ellipses sont plus fréquentes (à un moment, près d'un an s'est écoulé entre les deux épisodes). Mais cela n'affecte en rien le déroulement de l'histoire, bien au contraire. Cela la sublime. L'essentiel de l'histoire est comme un flash-back qui vient justifier petit à petit le présent. On apprend que quelqu'un est mort, et que Noah est suspecté d'avoir commis ce crime. On pourrait s'y perdre, d'autant que le personnage de Noah, écrivain, raconte sa propre histoire dans son dernier roman. De ce fait, nous assistons à une remarquable mise en abyme, où nous tentons de démêler le vrai du faux.

- des spirales sans fond : on se laisse envoûter par les personnages qui tournent, tournent, tel le dernier livre de Noah. Pris dans un engrenage, on se demande si certains personnages arriveront à se délivrer : Noah de sa peur de l'infidélité chronique, Alison de la perte de son enfant, Cole de la malédiction qui semble peser sur sa famille, et Helen de sa dépendance financière vis-à-vis de ses parents. A cela, rajoutons qu'Helen et Noah, parents de quatre enfants, sont responsables d'eux et qu'à ce titre, ils doivent prendre les meilleures décisions pour leur progéniture. On est aspiré avec eux, on se demande comment ils s'en sortiront.

- les acteurs, évidemment. Peu connus du grand public, Dominic West (Noah) et Ruth Wilson (Alison) forment un couple parfait pour qui on ressent de l'empathie mais aussi de l'énervement. Le côté sombre de Noah dans la saison 2 m'a fait regretter d'avoir ressenti ne serait-ce qu'un peu de compassion. Et à la fin de cette même saison, j'ai retrouvé un Noah bluffant, prêt à se sacrifier et à prendre sur lui, alors qu'il avait eu une tendance à fuir ses responsabilités. Alison, c'est la même chose. Ce sont des personnages tellement complexes dans leurs décisions, et à la fois tellement réalistes, que c'est ce flou qui rend cette série si belle. Aucun manichéisme. Parfois, on regrette une réaction de Noah, ou on a envie de baffer Alison (trop naïve, ou stupide, ou tout simplement paumée). C'est ce qui les rend d'autant plus vrais. Et Maura Tierney (Helen) et Joshua Jackson (Cole) ne sont pas en reste.

Un article à consulter (qui spolie peu, je vous rassure) en cliquant ICI. Une très bonne critique avec des vidéos pour vous donner une idée.

  • The affair (Showtime) avec Dominic West, Ruth Wilson, Joshua Jackson, Maura Tierney
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