Les morues

C'est quoi le pitch? Les Morues, ce sont trois filles, et un garçon, trentenaires aux relations sentimentales de guingois, encore indécis quant à la route à prendre. Depuis le suicide de Charlotte, Ema, une des Morues, ne comprend pas l'acte de son ex meilleure amie. Avec l'aide de Fred, elle va s'embarquer dans des situations qui bouleverseront sa vie. Et si Charlotte ne s'était pas suicidée, et que sa mort avait un lien avec son travail, qui consistait à conseiller des entreprises privées d'investir dans le secteur culturel, en finançant des musées comme le Louvre?

Mon avis : Ce n'est pas la première fois que j'évoque sur ce blog la plume de Titiou Lecoq, véritable révélation pour moi depuis quelques mois. Cette histoire-ci n'est pas ma préférée, non pas que je me sois détachée de son style. D'autant que, une nouvelle fois, Titiou dénonce la privatisation enclenchée il y a quelques années pour les universités. On le sait, les finances de l'Etat sont assez catastrophiques, et donc, le gouvernement cherche par tous les moyens à rééquilibrer la balance (si tant est que cela soit encore possible). Alors, pourquoi ne pas décentraliser la gestion des musées?

Titiou a choisi de raconter cette histoire via deux personnages : Ema, qui est un mini-moi de Titiou ; allez lire Sans télé, on ressent davantage le froid, et vous comprendrez qu'elle y met beaucoup du sien.

Il y a aussi Fred, un gars un peu paumé qui ne veut en aucun cas briller, alors qu'il est doté d'une intelligence extraordinaire. Il se retrouve malgré lui sous les feux de la rampe en créant un blog qui sera lu par de nombreux internautes, par un effet de ricochet qu'il n'avait absolument pas recherché. En ça, je me dis que j'ai des points communs avec lui, car mon but via ce blog n'est pas d'être lue non plus. Pour le moment, j'estime qu'il ne mérite pas d'être reconnu et partagé. Après, c'est vous qui voyez, mais voilà, je suis comme Fred, j'ai une tendance à me déprécier, à me complaire dans cette transparence. Bon, lui a pris un petit poste de secrétaire alors qu'il pourrait faire tellement mieux. Moi, je travaille dans une bibliothèque et j'avoue que lorsque j'ai commencé, je me fichais pas mal de la reconnaissance, je me satisfaisais du côté discret et réservé que peut exiger la profession. Au fil du temps... et bien, un peu de reconnaissance ne fait pas de mal.

Assez parlé de moi, revenons-en aux Morues. N'étant pas encore trentenaire, beaucoup de choses m'échappent encore, en ce qui concerne le fait de se mettre en couple. C'est un thème récurrent dans les écrits de Titiou. En tout cas, j'ai compris que personne ne savait réellement ce qu'il voulait lorsqu'il s''agissait de passer aux choses sérieuses. Ema est dans un entre-deux : Blester lui plaît, elle se sent bien avec lui, mais elle craint de tomber dans la vieille routine du couple.

Bon, vous voyez, ce roman aborde plein de thématiques différentes.Tantôt policier, tantôt politique,tantôt drôle, l'intrigue est rondement menée et le rythme est bien cadencé. Une chose est sûre : vous ne vous ennuierez pas avec les Morues ! Encore moins si vous êtes une trentenaire en perte de vitesse ou à un tournant de votre vie.

  • Les morues, Titiou Lecoq, éditions Au diable Vauvert.
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