Le secret de la manufacture de chaussettes inusables

C'est quoi le pitch? En 1938, Layla Beck, jeune femme dont le père est sénateur, se retrouve parachutée à Macédonia, au fin fond de la Virginie-Occidentale. Sa mission? Ecrire l'histoire de la ville, qui fête son cent-cinquantième anniversaire. Résidant chez les Romeyn, anciens propriétaires de la manufacture de chaussettes de la ville, Layla va non seulement interroger les Macédoniens mais aussi faire quelques recherches sur un incendie qui a ravagé l'usine quelques années auparavant, où un homme a perdu la vie...

Mon avis : J'essaie de me mettre à votre place. Vous lisez le titre long comme mon bras de cet article, et vous apercevez la couverture de ce livre (une chaussette orange et violette du plus mauvais goût). La curiosité sera-t-elle plus forte que tout? J'ose espérer !

Même si, au final, j'ai été plutôt déçue par ce roman.

Pour commencer, c'est un pavé de 600 pages. Moi, comme le titre me plaisait énormément, et que la couverture n'a pas eu d'effet repoussoir, j'y suis allée de bon cœur, pressée d'en découvrir le contenu. On lit cette histoire facilement, et je dois dire qu'on ne voit pas trop défiler les pages. En revanche, même si elle est hyper bien rédigée, je n'ai pas été emportée, le secret étant déjà plus ou moins évident dès le départ.

Tout de même, il y a des personnages intéressants, comme Willa Romeyn, une petite fille de 12 ans, qui me rappelait un peu Briony dans le roman de Ian McEwan, Expiation. Par son côté un peu bizarre, curieux, cherchant à tout savoir et n'hésitant pas à espionner pour parvenir à ses fins. A un moment, j'ai cru que ça terminerait de la même façon, tragique. Willa a été élevée par sa tante, et cherche l'affection de son père, qui, lui, est un véritable coureur de jupons. Attiré par Layla, Willa ressentira une haine profonde tout au long du récit pour la jeune femme.

On sent qu'Annie Barrows a effectué un gros travail de recherche, puisqu'elle l'explique à la fin du livre. Mais, si vous vous attendez à un roman où l'on plonge dans l'univers d'une usine et des conditions de travail dans l'entre-deux guerres, je peux vous dire qu'il n'y a pas de véritable incursion dans cette manufacture. Les trois quarts du récit se déroulent chez les Romeyn, On tombe rapidement dans des histoires de famille, des secrets inavoués, des romances trop idéalisées (du genre, on se connaît depuis vingt ans, on est sortis ensemble une fois, marions-nous tout de suite!). L'auteure a voulu écrire à la première personne quand il s'agissait de Willa, alors que pour Jottie, sa tante, et Layla, elle a choisi une focalisation extérieure, ce que je déplore un peu.

Vous l'avez compris, je n'ai pas particulièrement aimé, mais, comme je mets un point d'honneur à ressortir les points positifs sur ce blog, je dirais que si vous aimez les romans d'époque, si vous avez envie de voyager aux Etats-Unis, et si votre curiosité est piquée au vif parce que j'ai laissé le suspense quant à l'incendie qui a provoqué la mort d'un jeune homme, événement qui a bouleversé la vie des Romeyn à jamais, alors n'attendez plus, car malgré tout, on passe un bon moment.

  • Le secret de la manufacture de chaussures inusables, Annie Barrows, Nil Editions.
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