Satan était un ange

C'est quoi le pitch? François a une tumeur au cerveau. Ses jours sont comptés. Incapable de le dire à ses proches, il prend la tangente et tombe sur un auto-stoppeur, Paul, un mystérieux jeune homme bientôt poursuivi par de dangereux malfrats...

3 raisons de lire ce livre :

Parce que c'est un roman policier nerveux. Le style est percutant, Karine Giebel ne fait pas de détours, quitte à faire des phrases courtes. On peut aimer ou pas, pour ma part je suis partagée : j'apprécie le côté direct, mais par moments je décrochais. En revanche, l'histoire retenait davantage mon attention lorsque les personnages passent aux aveux. A vous de voir.

Parce que le titre vous aimantera. Oui, pourquoi Satan était un ange? Vous aurez la réponse page 260. Cela vous fera réfléchir sur les actes répréhensibles commis par Paul, un fugitif très dangereux mais surtout un jeune homme accablé par la malchance. Peut-il changer, devenir quelqu'un de bien, en oubliant son lourd passé?

Parce que c'est l'histoire d'une rencontre entre deux hommes diamétralement opposés. François est avocat, et pourrait être le père de Paul, qui se dit au départ DJ ou vivant de petits boulots. François a la maturité qu'il manque à Paul, qui a vécu dans la violence et dans la haine. Et pourtant, ils vont s'attacher l'un à l'autre, pouvoir compter l'un sur l'autre. Paul pense bien à dérober tout ce que possède François (une carte bleue remplie, une BMW...) mais au final, il revient toujours auprès de lui. Ces deux hommes sont loin d'être des modèles (mais personne n'est parfait), néanmoins, vous serez happés dans leur histoire, vous aurez envie de les connaître. Par moments, vous les rejetterez, à d'autres vous voudrez les prendre dans vos bras. Quand on éprouve ce genre de choses pour des personnages, ce balancement perpétuel car vous reconnaissez qu'ils ont mal agi mais que d'un autre côté, ils ont des circonstances atténuantes, pour moi ça donne à ces hommes un réalisme. Car la nature humaine est complexe, nous ne devons pas voir le monde de façon manichéenne.

Satan était un ange, Karine Giebel, Fleuve Editions.

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