C'est quoi le pitch? Mathias Malzieu, leader du groupe Dionysos, apprend alors qu'il a à peine 40 ans qu'il souffre d'une maladie auto-immune qui détruit tous ses globules. S'ensuit une lente marche vers la guérison, à coups de chimiothérapies, tout en connaissant les risques. Une épée de Damoclès le suit constamment durant son traitement, attendant la fin. Mais c'est sans connaître Malzieu, qui a la rage de vivre. 

3 raisons de lire ce livre : 

Journal d'une descente en enfer. Il allait bien. Un peu pâlot, certes, parfois fatigué, après un gros concert, mais porté par de nombreux projets dont son film "Jack et la mécanique du coeur". Pour se rassurer et rassurer ses proches, il décide tout de même de faire une prise de sang. Le début d'une longue et éprouvante convalescence. Les médecins ne se veulent pas alarmants, mais plus les jours passent et plus le cas de Mathias Malzieu les préoccupe. Le traitement sera rude, mais pour il est nécessaire d'attaquer le mal par le mal. 

Un témoignage poétique. Malzieu raconte plus d'un an de sa vie, confiné chez lui ou dans une chambre d'hôpital, sans que cela ne soit jamais larmoyant. Au contraire, vous rirez de ses métaphores, de cette joie de vivre qui émane de lui malgré son état physique. Tant que le moral est au beau fixe, et l'amour aussi, il s'accroche, se dit qu'on lui donne une seconde chance, une renaissance, une occasion de revoir le monde autrement. Il joue sur les mots, et le titre du livre en lui-même est loin de nous parler de prime abord : le vampire, c'est lui, car il survit à coups de transfusions de sang, et le pyjama, parce que la maladie le cloue au lit. Enfin... presque, parce qu'à aucun moment nous n'avons l'impression qu'il lâche l'affaire. Sa musique, l'écriture, lui font tenir bon la barre. 

Une bataille contre la maladie. Si je m'étais davantage penchée sur le résumé de ce livre, je pense que je ne l'aurais pas lu. Pourquoi? Jusque-là, ma critique est plutôt très bonne. Non, parce que j'ai retrouvé une partie de l'enfer que j'ai vécu il y a près de 10 ans. Mon père a eu un cancer du système lymphatique. Pas tout à fait la même maladie, mais comme Mathias Malzieu, il a eu une greffe de moelle épinière, a passé des semaines en chambre stérile à vous faire perdre la tête, a perdu ses cheveux, et est né de nouveau. Ce fut très difficile pour lui comme pour tous ses proches. Quand je lui ai raconté ce livre, il m'a dit qu'il ne le lirait pas. Je le comprends. D'ailleurs, j'hésitais à le lui recommander. Je pense que c'est quelque chose qu'il veut oublier. Comme le dit Malzieu à un moment donné, "Les infirmières m'ont dit que certains patients avaient besoin d'oublier leur hospitalisation, moi j'ai besoin de m'en souvenir". Chacun le vit donc à sa façon. Donc, si devais conseiller ce bouquin à quelqu'un, je l'orienterais davantage pour un proche d'un malade, que le malade lui-même. Pas pour comprendre la souffrance mais pour accompagner cette personne à aller mieux. Ne pas la réduire à son état. En tout cas, un grand merci à Mathias Malzieu pour ce témoignage fort. J'ai compris son besoin de l'écrire. 

  • Journal d'un vampire en pyjama, Mathias Malzieu, édtions Albin Michel. 
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