C'est quoi le pitch? Romain Roller, soldat ayant fait la guerre en Afghanistan, rentre souffrant de stress post-traumatique après avoir perdu plusieurs hommes. Il rencontre Marion, femme d'un riche homme d'affaires, François Vély et s'engage dans une relation adultérine. Marion n'est pas d'un grand soutien pour son mari, plongé dans la tourmente suite à la parution de photos laissant penser qu'il s'agit d'un homme raciste irrespectueux des femmes. Un homme politique, ancien agent social, en disgrâce, prend la défense de François pour se refaire un nom. Jusqu'à ce que, tous, soient envoyés en Irak... 

3 raisons de lire ce livre : 

Un roman d'actualité. Pas évident de faire un résumé qui tienne la route. Il y a beaucoup de choses dans ce livre, énormément de questionnements sur la situation telle qu'elle est, actuellement, dans le monde. Karine Tuil parle de racisme, de guerre, d'islamisme, d'esclavagisme, d'adultère, de religion, bref, elle n'aborde que des sujets sur lesquels il y a beaucoup à dire parce que personne ne trouve un terrain d'entente. 

Prix Landerneau 2016. Pas facile d'accrocher à ce roman qui suit l'itinéraire de plusieurs personnages qui, au bout du compte, vont tous se retrouver dans la même situation. Pourtant, il faut reconnaître que ce livre contient toutes les qualités pour décrocher un prix : la psychologie des personnages est bien retranscrite, il y a de la vérité, de la recherche derrière l'intrigue. Au début, on a l'impression que ça patine un peu, mais l'histoire se déplie progressivement, chronologiquement, et on entrevoit où tout cela va irrémédiablement nous mener : vers rien de bon, malheureusement. 

Des personnages avant et après : la perte de l'insouciance. Souvent, cela arrive lorsqu'on grandit, on perd son innocence et sa naïveté en découvrant la réalité. Romain, François, Marion et Osman, pour ne citer qu'eux, sont tous des adultes pleinement conscients du monde dans lequel ils vivent, mais avant le drame, subsistait encore en eux un brin d'insouciance. Un à un, ils se brisent. Ils sont pris dans un tourbillon, un véritable gouffre les enlise. J'ai trouvé le personnage d'Osman le plus remarquable, dans le sens où je me serais presque laissée avoir par cet homme finalement peu scrupuleux et larmoyant (il est noir mais ne veut pas être considéré par sa couleur de peau car il est avant tout français). Être au contact du pouvoir le transforme en quelqu'un de mauvais, d'égocentrique. Les autres personnages m'ont d'emblée semblé peu sympathiques, et ce sentiment n'a pas tellement évolué au fil de la lecture. Ce roman est là pour vous ouvrir les yeux, si ce n'est pas déjà fait. On n'a peut-être pas envie de lire ce genre de choses, qu'on nous rappelle la cruauté du monde, on en voit bien assez aux JT. Seulement, tôt ou tard, nous perdrons notre insouciance. Alors protégez-là aussi longtemps que vous le pourrez. 

  • L'insouciance, Karine Tuil, éditions Gallimard. 
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