C'est quoi le pitch? Amanda emménage avec son père afin de tourner une page douloureuse de son passé. Car avant d'être Amanda, elle était Andrew. 

3 raisons de lire ce livre. 

Soyez qui vous voulez être ! Vous entrez dans la période ingrate, dite adolescence. Vous vous cherchez, un peu, beaucoup. Vous allez jusqu'à penser que vous êtes né(e) dans le mauvais corps, ou qu'on vous a doté(e) des mauvais attributs. Cette réalité est de plus en plus prégnante dans notre société. Cela existe sûrement depuis la nuit des temps, comme l'homosexualité, mais la différence, c'est qu'aujourd'hui, avec le progrès de la médecine, il est réellement possible pour un homme de devenir une femme et vice-versa. C'est le cas de notre héros-héroïne, qui, comme une renaissance, fait ses premiers pas en tant que jeune femme. Bon, pour les besoins du roman et ce que doit vivre Amanda, le trait sur la féminité du personnage a été accentué. Andrew n'est plus, Amanda vit pleinement et presque sereinement en tant que femme à part entière. Et est rapidement courtisée par le beau Grant... 

Un sujet difficile à aborder et abordable. Dans ce paragraphe, je vous dirai plutôt pourquoi, au final, je n'ai pas tant accroché à l'histoire, même si j'ai trouvé que choisir de parler de la question de l'identité sexuelle en choisissant un adolescent en proie aux changements de son corps était bien pensé. J'aurais aimé que le sujet soit traité plus en profondeur. C'est un choix de l'auteur, qui, notons-le, est transgenre. Ecrire ce roman a dû être un peu compliqué pour elle, car même si elle avoue avoir misé sur la fiction, elle s'est forcément basée sur son vécu et des histoires entendues autour d'elle. J'ai trouvé que la romance s'esquissant entre Amanda et Grant était trop facile, que les scènes se suivaient comme tissées les unes aux autres sans trop de liens. Je dirais qu'il y avait beaucoup de pistes, et qu'elles n'ont pas été exploitées à leur juste mesure (par exemple, ses parents ont-ils vécu la disparition d'Andrew comme la perte d'un enfant? On voit plus ou moins leur point de vue, mais pour donner une force nouvelle à l'histoire, j'aurais donné la parole à d'autres personnages, pour ainsi découvrir le véritable fond de leur pensée). Pour autant, pour un roman se lançant dans cette vaste question du genre, et comme il y en a encore peu à en faire le thème central de l'intrigue, je trouve qu'il peut être une bonne entrée en matière et peut-être inspirer d'autres auteurs à creuser cette grande question dont on parle encore trop peu. 

Pour briser les tabous. Il n'est pas seulement question du genre, même s'il s'agit du sujet central. Chaque personnage a sa propre identité sexuelle un peu floue, tout ceci pour montrer que nous sommes libres de nous définir, même si pour certains, le combat sera plus rude pour que ses choix soient acceptés. Le suicide est également présent, et la scène du passage à l'acte, racontée avec beaucoup de tact, néanmoins, nous fait un peu frémir. Le regard de l'autre, lorsqu'on entre dans la puberté, qu'on cherche sa place, à se faire respecter, est crucial. Car c'est l'autre qui va nous affirmer, nous porter, ou au contraire nous rabaisser, nous faire du mal. Andrew subissait des brimades, alors qu'Amanda est l'une des plus belles filles de son école. 

L'adolescence est la phase de toutes les expériences, de la construction et de l'affirmation de soi. Une nécessité pour changer son regard sur le monde et faire évoluer la société, de sorte que chacun accepte les différences de l'autre. 

  • Celle dont j'ai toujours rêvé, Meredith Russo, éditions Pocket Jeunesse (2017)
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