C'est quoi le pitch? Les parents d'Helen Keller, petite fille devenue aveugle et sourde suite à une maladie contractée à dix-neuf mois, engagent une préceptrice pour se charger de son éducation. Très isolée et sauvage, la petite Helen ne parvient pas à communiquer avec le monde qui l'entoure. Annie Sullivan, elle-même malvoyante et maîtrisant la langue des signes, va s'efforcer de lui apprendre ce moyen de communiquer, non sans heurts. Mais avec beaucoup de réussite. 

3 raisons de lire ce livre : 

Pour l'histoire hors du commun d'Helen Keller. On ne peut qu'être admiratif devant un tel chemin de vie. Au départ, Helen est très agressive, refuse tout contact et ne parvient pas à s'exprimer. C'est avec une grande patience qu'Annie Sullivan va peu à peu "dompter" cette enfant, dont elle a perçu la vive intelligence. Je pense qu'il faut un véritable don pour ça. Surtout qu'Annie ne va vivre que pour sa petite protégée, passant ses jours et ses nuits avec elle. Les débuts seront difficiles, le temps de trouver le  bon filon, mais une fois que la curiosité d'Helen se réveille, on ne l'arrête plus. Elle apprend même à parler et à écrire notre alphabet ! On cherchera à lui causer du tort pour une histoire qu'elle va écrire, une histoire malheureusement plagiée, alors qu'elle ne l'avait jamais lue ni entendue. UN coup dur pour cette jeune fille, puis femme, qui aura vécu jusqu'à 87 ans. 

Des illustrations fortes dans la peau d'Helen. Le plus de ce roman graphique déjà très dense et riche en émotions, ce sont les illustrations qui nous font glisser dans la peau d'Helen. Comment "voit-elle", perçoit-elle le monde, selon ce que lui dit sa préceptrice? Privée de deux sens, Annie s'intéresse pourtant à elle. Qui d'autre l'aurait fait? J'avoue que malgré ma grande empathie, je ne suis pas sûre de pouvoir me mettre au service d'une personne qui serait en quelque sorte dépendante de moi, car j'évite la souffrance des autres pour ne pas souffrir moi-même. Je finis toujours par m'attacher et le jour où... 

Un roman graphique traitant du handicap et des conditions de la femme au XIXème siècle. Bien sûr, l'objet central de ce roman graphique, c'est le dépassement de soi malgré son ou ses handicaps, c'est soulever des montagnes alors que les autres ne croient pas en vous. C'est combattre toutes les formes d'injustice. Annie Sullivan n'a pas sa langue dans sa poche, féministe de la première heure. Elle s'accomplit malgré une vie difficile :  elle a perdu sa mère étant plus jeune, et Anne et son petit frère ont été placé dans un institut. Son frère, atteint d'une tuberculose, est décédé quelques mois plus tard. LA rencontre entre ces deux femmes devait être écrite : en tout cas, à la lecture de cette histoire, on en retire une grande leçon d'humanité. 

  • Annie Sullivan & Helen Keller, Joseph Lambert, éditions ça et là, éditions Cambourakis, (2013)

 

Retour à l'accueil