C'est quoi le pitch? Jeanne, 90 ans, tient son journal intime et nous raconte son quotidien, simple, émaillé des visites de ses enfants et petits-enfants, des parties de bridge avec ses copines, sans oublier ses voisins Fernand et Marcel, et les imprévus qui viennent bouleverser sa routine... 

3 raisons de lire ce livre : 

Le Prix Chronos de Littérature existe depuis de nombreuses années et propose une fois dans l'année des sélections de livres qui ont pour thème l'intergénérationnel, la vieillesse, la mort... "Grandir, c'est vieillir. Vieillir, c'est grandir" est la devise de ce prix qui défie le temps. 

Comprendre nos aïeux. Lire ce roman m'a permis de réaliser comment une personne d'un "âge avancé" s'en sort aujourd'hui, dans ce monde où tout va tellement vite qu'on peut s'y perdre. Mes grands-mères sont un peu plus jeunes que Jeanne, mais j'ai retrouvé bien des similitudes, des choses véridiques qui donnent au roman tout son réalisme. Vous aussi, vous avez une grand-mère qui refuse de se plier à Internet, à qui il faut remontrer plus de 10 fois comment fonctionne un petit gadget technologique, qui conduit encore alors qu'elle représente un danger pour elle-même et pour autrui? Sans parler de la plus grande peur de bien des personnes âgées, et peut-être même plus jeunes : celle d'être rattrapée par la maladie d'Alzheimer. Jeanne oublie des petites choses, commet des maladresses, et parfois s'inquiète et s'imagine avoir les symptômes précurseurs de la maladie. Soit Alzheimer, soit le cancer. Une peur que je partage déjà, à 28 ans... car ça peut nous arriver à n'importe quel moment, ou à l'un de nos proches. 

Le journal intime d'une nonagénaire. Aucun écrivain ne l'avait tenté, enfin, il me semble. Peut-être parce qu'on peut se demander ce qu'une vieille dame peut nous raconter de si palpitant. En effet, rien de très excitant, mais entrer dans son quotidien, c'est découvrir la vie simple et sans chichis de millions de gens qui vivent comme Jeanne, qui trouvent leur compte dans les petites choses. 

Verdict : Ennui mortel ou douce berceuse avant la nuit? En lisant le pitch, je comprendrais tout à fait que vous passiez votre chemin. Cela peut sembler d'un ennui abyssal. Le rythme est d'un calme absolu, il y a peu (voire pas) de rebondissements susceptibles de vous faire vibrer. Pourtant, l'écriture est tout simplement enchanteresse. On se laisse prendre par les mots de cette femme qui a connu la guerre, le deuil, qui voit partir les uns après les autres tous ses proches et amis. C'est un roman sur le cycle de la vie, sur le quotidien... un roman que l'on ne cherche pas forcément à lire, puisqu'on peut aisément le vivre ou s'imaginer le vivre. Néanmoins, il peut vous toucher et vous aider à voir les affres de la vieillesse sous un autre angle. 

  • Un clafoutis aux tomates cerises, Véronique de Bure, éditions Flammarion (2017)
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