C'est quoi le pitch? Esther et Reza doivent recevoir leurs quatre enfants accompagnés de leurs familles respectives. Mais ce désir de réunir la fratrie est encore une déception pour Esther, qui se souvient des jours heureux comme des rancœurs nées au fil du temps. 

Mon avis : 

Entrons dans un huis-clos étouffant, un dimanche caniculaire à Paris. Esther a tout préparé pour accueillir comme il se doit sa descendance, mais tout le monde est en retard. Deux d'entre eux vont décommander en s'inventant une excuse. Pourquoi? Parce qu'il ne s'agit pas d'une famille si ordinaire que cela. Comme dans bon nombre de fratries, il subsiste des rancœurs, des jalousies, même si Esther a essayer de tisser fort les fils liant ses enfants. Sauf que son mari Reza a toujours manifesté une préférence : son premier fils. Cela a donc crée quelques dissensions entre Carole, Alexandre, Bruno et Vanessa. Plus on avance dans la lecture, plus on voit cette famille s'effriter, et, en même temps, qui essaie de recoller les morceaux autour de la maman. Mais tout cela semble de courte durée... Il s'agit d'une famille qui vit avec beaucoup de non-dits, de pudeur et de retenue, et lors d'un coup dur, il est difficile pour chacun de manifester de l'empathie, un geste d'affection qui tendrait à rassurer ceux qui ont besoin. 

Esther vieillit et fait le bilan de sa vie : a-t-elle atteint son objectif? Peut-elle se satisfaire de ces liens distendus au final? Plus le temps passe, plus le désenchantement s'affiche : les deux garçons se sont brouillés, la petite dernière était partie en Australie, l'aînée, devenue médecin, comme son père, croît tout maîtriser mais ne voit rien venir... 

Des histoires comme celle-ci, on pourrait en raconter pas mal, car chaque famille a ses petits travers, ses querelles, ses jalousies. Encore faut-il savoir l'écrire... Ce qu'Alexandra Matine a fait en nous enfermant dans une atmosphère bouillonnante où l'on se doute qu'à un moment la goutte d'eau fera déborder le vase et qu'un événement bouleversera (ou pas)la donne. Je n'ai pas été franchement surprise au final, et c'est peut-être ce qui m'a manqué. Mais c'est un roman qui peut vous faire établir des parallèles avec votre propre famille et vous faire réaliser qu'aucune fratrie n'est parfaite, malgré tout la bonne volonté qu'on peut y mettre... 

  • Les grandes occasions, Alexandra Matine, éditions Les Avrils (2020)
Retour à l'accueil