C'est quoi le pitch? Eva Beaver, la cinquantaine, choisit de ne plus quitter son lit, maintenant que ses jumeaux sont partis étudier à l'université de Leeds, et que son mari infidèle avec qui elle n'a jamais été heureuse se fiche d'elle comme de la dernière pluie. On s'inquiète un peu pour elle, on craint une dépression,puis la rumeur se répand et, considérée comme une sainte capable de miracles, les badauds viendront s'agglutiner sous sa fenêtre, dans l'attente de sa bonne parole. Eva trouvera-t-elle ce qu'elle cherche?

3 bonnes raisons de lire ce livre.

Son humour désopilant. J'aurais pu consacrer tout un point pour convaincre mes confrères et consœurs puisque Eva est bibliothécaire. Or il ne s'agit que d'un détail dans le récit, et ce serait franchement inquiétant de considérer tous ceux qui font ce formidable métier comme des frappadingues. J'avoue passer énormément de temps dans mon lit (quand je ne travaille pas, et que je suis chez moi, donc peut-être bien une bonne moitié de ma journée !!!) et que ce titre a immédiatement fait écho en moi. Et pourquoi pas rester dans son lit? C'est vrai, il y a des jours où nous n'avons aucune envie de nous lever ! Le sujet est grave, on se dit, qu'effectivement, Eva a un problème. Au début, on se dit que ce ne sera que temporaire, que cela lui passera. Mais, plus le temps passe, plus Eva s'enfonce au fond de sa couette. Il y a beaucoup de contraintes à ne pas vouloir sortir de son lit ! La plus importante : comment se nourrir? Son mari, astronome tête en l'air, n'y pense pas tous les jours, heureusement qu'il reste la mère d'Eva ou sa belle-mère. Ainsi que d'autres personnages, comme Alexander, qui tombe fou amoureux d'elle...

Franchement, pour de l'humour anglais, j'avoue que j'ai pas mal rigolé !

Son originalité. A lire le titre, on peut penser que tout le récit se déroulera dans une chambre, et plus spécifiquement dans un lit, ce qui pourrait s'avérer rapidement ennuyeux pour le lecteur. Je vous rassure tout de suite, il n'en est rien, car tout le récit ne tourne pas qu'autour d'Eva mais aussi de ses proches. Comment réagissent-ils face à la décision d'Eva? Quel impact cela peut avoir sur leur propre vie? On ne tombe jamais dans le pathos, l'auteure ne nous fait pas sombrer avec Eva (même si sur la fin, je dois dire qu'il était temps...).

Parce que les personnages ont une excellente répartie ! Tout le monde en prend pour son grade, ça vole dans tous les sens. Les jumeaux, Brian Junior et Brianne, sont des surdoués assez antipathiques, un peu comme leur père Brian (les noms n'ont pas été choisi au hasard). Les grands-mères regrettent l'une comme l'autre ce mariage qui court au désastre, même si elles deux font la paire et s'entendent comme larrons en foire. Ajoutez une poignée d'illuminés et vous obtenez un roman très surprenant, mais un livre anti-morosité qui tourne la dépression en dérision.

  • La femme qui décida de passer une année au lit, Sue Townsend, éditions Libra Diffusio.
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